Vos données partent-elles dans l’IA ? Les quatre réglages à vérifier
Ce que vous tapez dans un assistant peut servir à entraîner son modèle. Ce n’est ni un scandale ni une fatalité : quatre réglages, trouvables en cinq minutes, changent la donne.
« Est-ce que ce que j’écris est lu ? » La réponse honnête tient en deux temps : ce que vous tapez est stocké dans la quasi-totalité des cas, et il peut être utilisé pour améliorer le service selon les réglages de votre compte. Ce n’est pas une surveillance ciblée, mais ce n’est pas neutre non plus, notamment si vous collez des documents professionnels.
Voici les quatre points à contrôler, dans l’ordre d’importance.
1. L’entraînement sur vos conversations
C’est le réglage qui compte le plus. La plupart des grands services proposent une option du type « améliorer le modèle pour tous » ou « historique des discussions », souvent activée par défaut.
Cherchez-la dans les réglages, section Confidentialité ou Contrôles des données. La désactiver a deux effets à connaître :
- vos échanges cessent d’alimenter l’entraînement ;
- selon les services, l’historique peut être réduit ou supprimé — vérifiez avant de basculer si vous tenez à vos anciennes conversations.
2. La durée de conservation
Désactiver l’entraînement ne signifie pas suppression. La plupart des services conservent les échanges quelques semaines pour des raisons de sécurité et de lutte contre les abus, même quand l’historique est désactivé côté interface.
Ce qu’il faut retenir : considérez que tout ce que vous collez existe ailleurs pendant au moins trente jours. Cela suffit à écarter certaines pratiques.
3. Ce que vous collez
C’est le seul point sur lequel vous avez un contrôle total, et c’est le plus efficace.
À ne jamais coller :
- des identifiants, mots de passe ou clés d’accès ;
- des données de santé identifiables ;
- des numéros de sécurité sociale, de carte bancaire, de pièce d’identité ;
- un contrat, un devis ou un fichier client sans anonymisation ;
- le code source d’un projet couvert par une clause de confidentialité.
4. Les extensions et connecteurs
Les intégrations qui branchent un assistant sur votre boîte mail, votre agenda ou vos fichiers sont les plus puissantes et les plus intrusives. Une autorisation accordée en trois secondes peut donner un accès en lecture permanent à des années de correspondance.
Avant d’accepter :
- lisez la liste exacte des autorisations demandées ;
- vérifiez si un accès en lecture seule est proposé ;
- notez la date : refaites le tour de vos autorisations deux fois par an ;
- révoquez tout ce que vous n’utilisez plus.
Le cas des assistants intégrés au téléphone et au navigateur
Les fonctions d’IA intégrées au système ou au navigateur traitent parfois une partie des données sur l’appareil, ce qui est nettement plus protecteur. Mais l’activation est souvent globale : elle couvre indistinctement le clavier, les notifications et les résumés de pages.
Le bon réflexe : chercher, dans les réglages du système, la section dédiée à l’IA, et activer fonction par fonction plutôt que d’accepter en bloc.
Une routine de contrôle en cinq minutes
À faire une fois, puis deux fois par an :
- Réglages du service → Confidentialité → désactiver l’entraînement.
- Supprimer les conversations qui contiennent des informations sensibles.
- Passer en revue les connecteurs autorisés, révoquer les inutiles.
- Vérifier les fonctions d’IA activées sur le téléphone.
- Décider une bonne fois de ce que vous ne collerez jamais — et vous y tenir.
Questions fréquentes
- Un employeur peut-il voir mes conversations avec un assistant IA ?
- Sur un compte professionnel fourni par l’entreprise, oui : l’administrateur dispose généralement d’un accès aux journaux d’usage. Sur un compte personnel utilisé depuis un appareil professionnel, l’employeur peut voir le trafic, pas nécessairement le contenu.
- Supprimer une conversation efface-t-elle vraiment les données ?
- La suppression retire la conversation de votre interface et déclenche un effacement des serveurs sous un délai contractuel, souvent trente jours. Si vos échanges ont déjà servi à entraîner un modèle, ils ne peuvent plus en être retirés — d’où l’intérêt de désactiver l’option en amont.
L’auteur
Julien Marchand
Julien teste des téléphones, des applications et des services en ligne, et vérifie surtout ce qu’ils font des données qu’on leur confie. Il défend une idée simple : un outil qui demande trente minutes de configuration doit en faire gagner beaucoup plus.
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